3) Le parfum et la mode

 

 

1) Le XIXe siècle

 

Le commerce du parfum varie beaucoup avec la mode et devient un art au cours du temps. Au début du XIXe siècle, l’impératrice Joséphine privilégie les senteurs exotiques, comme la vanille et la cannelle.

Cette mode passe aux parfums légers et floraux après la Restauration. Ces senteurs ne restent pas longtemps sur le corps et doivent donc être souvent renouvelées. Seules les catégories sociales les plus aisées peuvent se permettre financièrement ces renouvellements réguliers. En effet, le prix d’un parfum dépasse souvent celui d’un bijou. Le parfum est donc un objet de distinction sociale.

Pourtant, son prix a largement baissé à ce siècle grâce au progrès techniques et chimiques. Rappelons que le XIXème siècle est le siècle de l’industrialisation. Les machines remplacent l’être humain dans de nombreux secteurs, principalement l’agriculture. Le développement des réseaux de transports a favorisé la conception de parfum dans toute la France. Les matières premières étant en effet plus faciles à transporter.



Evolution du réseau de voies ferrées en France, en 1837, 1850, 1860 et 1870.

(Source : http://lewebpedagogique.com/benaud/?p=162)

 

D’autre part, l’apparition des senteurs synthétiques a permis une baisse des prix de ces matières premières. Cette technique a facilité la fabrication d’odeurs, qui étaient auparavant très difficiles à se procurer et très chères comme les essences animales (musc, ambre, civette...).

La vision du parfum a totalement changé à ce siècle, de pars l’arrivée de la structure en trois notes olfactives. Cette structure impose la mise en bouteille d’un parfum, afin de ne pas altérer les odeurs. Le parfum ne peut plus être transvasé comme avant, il doit rester dans son flacon, qui lui devient spécifique. Ce flacon devient un élément important dans l’image que véhicule le parfum. De ce fait, beaucoup de progrès techniques, comme l’invention du vaporisateur par l’écrivain Brillat-Savarin en 1870.

 

2) L’association entre mode et parfum

 

- La “belle époque”

Le début du XXe siècle marque le début de l’association entre la parfumerie et la mode. A cette période, de nombreux verriers et parfumeurs s’associent. On note par exemple l’association du verrier Lalique avec le parfumeur François Coty. Les deux homme vont créer une trentaine de parfums entre 1904 et 1927, notamment le Chypre de Coty

     

A gauche: illustration de femme se parfumant

source :

http://natureculture.org/wiki/index.php?title=Parfum


A droite: publicité du caricaturiste Leoneto Capielo, du début du XXe siècle

source:

http://www.liviaaugustae.fr/article-pubs-de-la-belle-epoque-59675299.html


- Les “années folles”

Dans les années 20, le parfum devient un emblème de l’émancipation de la femme avec l’influence de Chanel. Les parfums portent alors des noms évocateurs, comme Jouir de Fionet, pour troubler de Guerlain ou encore Amour Amour de Patou.

Naissent également les premiers parfums aldéhydés.Les aldéhydes sont des molécules synthétiques, existant naturellement dans les zestes d’agrumes. Ils comprennent tous le groupement -C=O, ce qui fait d’eux des composées carboniques. Les parfums aldéhydés tiennent plus longtemps sur la peau. Le plus connu d’entre-eux voit le jour en 1925, sous le nom de Chanel n°5. Ce parfum, créé par Ernest Beaux est le début d’une association entre parfumeurs, cristalliers et créateurs vestimentaires. Guerlain suivra cet exemple avec le parfum culte Shalimar, élaboré en 1921, réalisé avec les cristalliers de Baccarat. Les marques Lanvins, Rochas, Patou, Ricci, Balmain et Dior feront de même.

à gauche: Shalimar de Guerlain,  avec son flacon inspiré de de l’art mongol.

à droite Chanel n°5

(source :http://www.osmoz.fr/inspiration/osmoz-magazine/25/a-la-decouverte-des-parfums-les-plus-anciens-du-marche )

 

Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les marques françaises Chanel, Guerlain, Coty, Lanvin et Patou détiennent à elles-seules 85% du marché mondial.

 

3) Le modèle américain de 1930 à 1970

 

Dans les années 1930-1940, le parfum s’inspire d’une image glamour américaine. Les odeurs florales fortes sont alors très à la mode. Les hommes et les femmes sont très différenciés à cette époque. Les principaux parfums féminins sont alors Miss Dior et Femme de Rochas. Les premiers parfums masculins apparaissent comme Pour un Homme de Caron.

 

L’influence américaine s'intensifie dans les années 1950 et beaucoup de parfums pour hommes sont créés comme Monsieur de Givenchy, Pour monsieur de Chanel, Tabac Original, Vetiver d’Hermès. Peu de parfums féminins créés durant cette décennie existent encore aujourd’hui.


Publicité des années 50 du parfum Emeraude de Coty

(source: http://rochelle.canalblog.com/archives/2010/10/31/19477268.html)

 

On ne compte pas de grandes nouveautés dans les années 60. Les nouveaux parfums s’inspirent des anciennes créations comme Madame Rochas un parfum aldéhydé. L’émancipation de la femme redevient un sujet important avec les eaux de Cologne, notamment Eau de Rochas. Les parfums masculins s’inspirent aussi des anciens parfums pour femme, avec l’Habit rouge de Guerlain en 1965, inspiré du parfum Shalimar



                                                              

à gauche Pour Monsieur, Chanel, affiche de publicité 1955.

http://fr.hprints.com/Chanel_Perfumes_1955_Pour_Monsieur-741.html

à droite: L’Habit rouge, Guerlain

http://club.doctissimo.fr/liloueva/guerlain-456991/photo/ondee-flacon-louis-17033122.html

 

 

4) De 1970 à aujourd’hui

 

Pendant les années 70, la mode du parfum n’est plus unique. En réponse aux modes gay, punk, néo-romantiques, des parfums aux odeurs très différentes apparaissent. Ils sont maintenant utilisés pour délivrer un message, non plus uniquement de distinction de richesse mais aussi de distinction sociale. Cette mode se poursuit jusqu’aux années 90, où les parfums aux odeurs légères et naturelles refont surface. Les eaux des toilettes sont alors particulièrement appréciées, avec pour exemple l’Eau d’Eden, de Cacharel, sortie en 1996. Les nouveaux parfums créés ne dépassent que rarement trois ans, les fragrances les plus vendues dans le monde restent les parfums mythiques comme le Chanel n°5.

 

           

à gauche : Opium, Yves Saint Laurent, 1977

(source : http://club.doctissimo.fr/liloueva/yves-saint-laurent-457169/photo/opium-1977-17036172.html )


à droite : affiche de publicité de 1981 pour Calandre et Métal de Paco Rabanne

(source: http://fr.hprints.com/print.php?id=22136&u=1,7)

 

Au XIXe siècle, les parfums à série limitée, les millésimes voire mêmes les parfums sur-mesure connaissent leur essor. On ressent un désir d’identification dans la population. Chaque individu veut être unique et avoir sa propre odeur. Ces parfums exceptionnels ne sont répandus que de façon marginale, à cause de leur prix.


Pour ce qui est du plus grand nombre de la population, le parfum est considéré comme un cadeau qui s'offre durant les fêtes.




 

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